Direction générale de l'environnement (DGE)

Direction générale de l’environnement (DGE)

Direction de l'environnement industriel, urbain et rural (DGE-DIREV)

Pollution aux PFAS de la place d’exercice de Gollion

La Protection civile vaudoise exploite un centre d’instruction à Gollion depuis 1980. De conséquents travaux de rénovation des installations ont démarré courant 2024.

Dans le cadre de sa démarche d’inventaire des places d’exercice feu, sites potentiellement pollués par des PFAS en lien avec l’usage de mousses d’extinction incendie, la Direction générale de l’environnement (DGE) a demandé à l’exploitant du site de Gollion de réaliser des analyses de ce type de substances dans le cadre du chantier.

À souligner qu’aucune charge n’avait été attribuée en lien avec la pollution au moment de la délivrance du permis de construire, le site n’étant pas inscrit au cadastre cantonal. Les résultats ont montré une pollution significative du sous-sol par des PFAS, très vraisemblablement en lien avec les exercices d’extinction réalisés sur ce site.

Afin de préciser l’ampleur de la pollution sur le site, le maître d’ouvrage (Direction générale des immeubles et du patrimoine (DGIP)) a décidé d’arrêter le chantier en janvier 2025 et a mandaté, en coordination avec la DGE, un bureau spécialisé pour réaliser des investigations. Ces dernières ont montré de fortes concentrations en PFAS dans le sous-sol, avec un impact sur les eaux et les sédiments du cours d’eau drainant les eaux du vallon (ruisseau de l’Ouffemaz). Du point de vue des sites pollués, le besoin d’assainissement est ainsi avéré.

La contamination des poissons de l’Ouffemaz a également fait l’objet de contrôles. Au vu des résultats, la pêche a été interdite sur un tronçon de ce cours d’eau en septembre 2025. En revanche, aucun effet quantifiable n’a été observé sur les eaux de la Venoge en aval.

Une attention particulière a été portée à la communication et à l’information à la population. Le dossier a fait l’objet de deux communiqués de presse et plusieurs séances d’information ont été tenues, notamment avec les communes concernées.

Les investigations vont se poursuivre en 2026 pour évaluer les variantes d’assainissement et définir les modalités de reprise du chantier. Le site pourrait obtenir des indemnités fédérales couvrant jusqu’à 40% des coûts, en raison de l’origine de la pollution liée à l’intervention de services publics. Les surcoûts pour le chantier seront toutefois significatifs.

Présence de 1,2,4-triazole dans les eaux du Léman

À l’été 2025, des analyses conduites par les Cantons de Genève et de Vaud dans les réseaux d’eau potable alimentés par le lac Léman ont mis en évidence des concentrations de 1,2,4-triazole supérieures aux prescriptions fédérales applicables à l’eau potable.

Face à ces constats, les Cantons de Genève, de Vaud et du Valais ont rapidement mis en place une collaboration étroite afin de coordonner les investigations et identifier d’éventuelles mesures correctives.

Les analyses effectuées le long du Rhône par le Service de l’environnement du Canton du Valais ont permis d’identifier le site chimique de Monthey comme principale source de 1,2,4-triazole. Dans ce contexte, la DGE, après vérification auprès des entreprises vaudoises susceptibles d’utiliser ou de rejeter cette substance dans le bassin versant lémanique, a confirmé que ces dernières n’utilisent ni ne rejettent de 1,2,4-triazole.

Des prélèvements complémentaires ont par ailleurs été réalisés dans les principales rivières vaudoises se déversant dans le lac Léman, ainsi que dans deux cours d’eau alimentant les lacs de Neuchâtel et de Morat. Les résultats obtenus confirment l’absence de source significative de 1,2,4-triazole sur le territoire vaudois.

La coordination intercantonale se poursuit afin d’assurer un suivi régulier de la situation, de partager les résultats analytiques et de garantir, le cas échéant, la mise en œuvre de mesures appropriées. Les cantons concernés restent ainsi pleinement mobilisés pour assurer la protection durable des ressources en eau.

Direction de l’énergie (DGE-DIREN)

Année phare pour le Programme Bâtiments et le Programme d’impulsion

Les subventions dans le domaine de l’énergie ont encore connu un succès croissant en 2025 avec l’octroi de 50,7 millions de francs par le Programme Bâtiments ainsi que l’octroi de la totalité des 12,4 millions du Programme d’impulsion fédéral attribués à notre canton.

Ces subventions ont permis aux propriétaires et consommateurs du canton de réaliser plus de 2 000 audits CECB+ et plus de 900 projets d’isolation thermique ainsi que de procéder au remplacement de plus de 1 300 systèmes de chauffage. Les chauffages à distance, dont le développement se poursuit, ont bénéficié de 5,4 millions de francs.

Finalisation de la révision complète de la loi vaudoise sur l’énergie

Après 21 séances de commission et déjà 7 séances au plénum, le projet de nouvelle loi vaudoise sur l’énergie était en phase d’adoption finale par le plénum du Grand Conseil à fin 2025.

Alignées sur le « Modèle de prescriptions énergétiques des cantons » (MoPEC 2025) travaux pour lesquels la DGE a contribué, les nouvelles normes vaudoises seront ainsi cohérentes avec le socle normatif commun des Cantons suisses tout en visant les objectifs énergétiques et climatiques découlant notamment de la Conception cantonale de l’énergie (CoCEn 2019).

Direction des ressources et du patrimoine naturels (DGE-DIRNA)

Épidémie de bostryches dans la région jurassienne

L’épidémie de scolytes sur les épicéas sévit depuis 2018. La chaîne jurassienne, entre la frontière neuchâteloise et la Dôle, est particulièrement touchée par le phénomène. L’épidémie s’est récemment amplifiée pour atteindre des niveaux sans précédent en 2025, avec un volume de 142'000 sylves atteintes.

Ce volume de dégâts dépasse de loin ceux enregistrés lors de précédentes épidémies dans le Jura vaudois, notamment celles ayant fait suite à l’ouragan Lothar en 2000 ou à la météo caniculaire et sèche de 2003. Lors de cette année extraordinaire, 62'000 sylves avaient été touchées. En 2025, les volumes concernés ont donc plus que doublé par rapport à l’année 2003, déjà hors norme.

Les bostryches se développent fortement dans les arbres affaiblis. Ainsi, les stress, tels que les tempêtes, les vagues de chaleur ou les phases de sécheresse constituent des facteurs de risque qui facilitent les épidémies. Ils sont malheureusement appelés à se multiplier dans les années à venir en raison du réchauffement climatique.

Le nombre de peuplements attaqués par les scolytes est lui aussi en forte augmentation et constitue une source d’inquiétude majeure, tant auprès des professionnels et experts scientifiques que des propriétaires forestiers. Le bois colonisé par les bostryches, communément appelé « bois bostryché », peut constituer une source de propagation au reste de la forêt ou un risque sécuritaire, particulièrement dans les forêts protectrices. Au vu de ces enjeux, le Canton révise actuellement sa stratégie de lutte contre cette épidémie.

Cette stratégie doit cependant tenir compte des possibilités de coupe et d’écoulement limitées sur le marché de bois bostryché.. Des coupes ont dû être réalisées pour lutter contre les épidémies de scolytes tout en préservant la ressource de bois de qualité et en garantissant la sécurité des usagers. Les interventions déficitaires ont bénéficié de subventions fédérales et cantonales versées par la DGE selon les règles en vigueur.

Mise en œuvre du projet de 3e correction du Rhône

Le plan d'aménagement de la 3e correction du Rhône (PAR3) constitue un projet bicantonal, de Saint-Maurice au Léman, sur un tronçon d’une trentaine de kilomètres.

Ce projet d’aménagement s’appuie sur trois objectifs fondamentaux : sécuritaire (protection contre les inondations), environnementaux et sociaux. Les mesures prévues redonnent au Rhône l’espace nécessaire pour retrouver ses fonctions hydrauliques et environnementales. Les lignes directrices publiées par le Canton du Valais en 2025, qui remettent en cause certains principes précédemment adoptés, ne concernent pas le Rhône bicantonal. Les conseillers d’État vaudois et valaisan, soutenus par la Confédération, ont ainsi pu trouver un accord pour poursuivre les mesures prévues dans le Chablais et respecter les trois objectifs du PAR3.

Ainsi, l’année 2025 a été marquée par la finalisation des travaux de construction de la nouvelle digue du Rhône, dans le secteur des Grandes Iles à Ollon et Bex. Long de 1.3 km, cet ouvrage, qui améliore la sécurité de la zone industrielle d’Aigle contre les risques de rupture de la digue actuelle, constitue la première étape réalisée du projet Rhône 3 dans le Chablais.

Deux projets du PAR3 ont également reçu les autorisations requises des autorités compétentes en 2025. Il s’agit de la mesure anticipée des Iles des Clous (MAIC), sur les communes d’Yvorne et de Vouvry, et le projet Massongex-Bex-Rhône 3. Les travaux débuteront en 2026 pour une durée de 3 à 4 ans. Ces deux chantiers permettront de revitaliser une zone alluviale d’importance nationale, de sécuriser plus de 6 km de berges du Rhône et de construire un nouveau palier hydro-électrique pour la production locale d’énergie renouvelable.

La mesure d’aménagement de l’embouchure du Rhône permettra de redonner au fleuve une dynamique de delta avec la formation de deux bras et de zones humides. Elle sera mise à l’enquête publique en 2026. L’enquête publique de la mesure d’aménagement dans le Chablais, sur un linéaire tronçon de 15 km, est prévue pour le printemps/été 2026.

 

 

La nouvelle digue du Rhône, à gauche de la forêt, entre Bex et Ollon, finalisée en 2025. © Michel Martinez