Direction générale de la santé (DGS)

La Direction générale de la santé (DGS)

« Décarboner la santé » - Accompagnement au changement des établissements socio-sanitaires vaudois

Elaborée dans le cadre du Plan climat cantonal vaudois, le Département de la santé et de l’action sociale (DSAS) a lancé la démarche cantonale « Décarboner la santé », visant à accompagner les institutions de soins vaudoises subventionnées par l’État dans la mesure, l’analyse et la réduction progressive de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES).

L’État de Vaud a mandaté en 2022 le consortium CSD ingénieurs et Climate Services afin de réaliser les bilans carbones de plusieurs structures de soins (hôpitaux, EMS/EPSM et CMS). Les principaux postes d’émissions de gaz à effet de serre de ces organisations ont été ainsi analysés (ex : énergie, mobilité, restauration, médicaments). De ce travail a découlé la rédaction d’un catalogue d’actions pouvant être mises en œuvre et d’un guide d’aide à la mise en place de plans de gestion carbone, ainsi que la mise en ligne d’une plateforme pour réaliser des bilans carbones permettant l’auto-évaluation des actions entreprises dans le temps. La démarche a ainsi cherché à conjuguer une approche rationnelle et technique de la question climatique avec une approche participative et transversale à laquelle divers établissements et services de l’État ont activement participé. 

Suite à cette première phase d’analyse et de conception d’outils qui s’est terminée en 2025, le DSAS souhaite dorénavant accompagner les établissements socio-sanitaires au changement en transférant les connaissances, technologies et pratiques acquises aux établissements volontaires, tout en encourageant la mutualisation des expériences par la création d’une communauté de travail. Ce processus d’accompagnement au changement sera assuré par l’association des établissements de soins responsables (ESR), alors que le consortium CSD ingénieurs et Climate services continuera d’assurer la partie technique. La démarche vise ainsi non seulement à encourager des actions concrètes de décarbonation afin de contribuer aux objectifs cantonaux de réduction des GES (50% d’ici 2030, 70% d’ici 2040), mais également à mieux appréhender les opportunités et difficultés auxquelles font face les établissements dans la mise en œuvre de mesures, afin d’ajuster les potentielles aides et conditions cadres futures dans ce domaine.

Retour d’expérience sur l’Exercice intégré 2025 (EI 25) de la Confédération

La cheffe du Département de la santé et de l’action sociale (DSAS), la Direction générale de la santé (DGS) et le CHUV ont participé à l’Exercice intégré 2025 (EI25), organisé par la Confédération en collaboration avec les cantons, du 5 au 7 novembre 2025. Au niveau sanitaire, cet exercice, de type menace hybride, avait comme objectif de garantir le processus d'information avec le CHUV lors de situations particulières et de présenter et argumenter des solutions vérifiées sous forme de variantes à l’échelon politique, afin que celui-ci puisse prendre des décisions.

Dans ce scénario, marqué notamment par des blackouts dans la Vallée de Joux et l’évacuation de la maternité du CHUV, la cellule de crise de la DGS a assuré la coordination sanitaire au niveau opérationnel, soit le niveau intermédiaire entre le niveau stratégique et le niveau tactique (terrain). Elle a travaillé en étroite collaboration avec les partenaires de la protection de la population (police, protection civile, pompiers, etc.), les partenaires sanitaires comme le CHUV, ainsi qu’avec les responsables de la communication du DSAS.

 

L’ensemble des actions de santé publique a été coordonné dès le déclenchement des événements majeurs. Après une phase initiale d’identification des mesures d’urgence à mettre en œuvre, ainsi que des thématiques et enjeux à traiter, les travaux de la cellule de crise se sont articulés autour de deux axes principaux, conformément aux bonnes pratiques en vigueur :

  • le suivi opérationnel, visant à suivre l’évolution de la situation sur le terrain et à répondre aux besoins des équipes engagées ;
  • la planification, consistant à anticiper les phases suivantes de la crise et les besoins susceptibles d’émerger, en travaillant des concepts ou variantes de solutions à mettre en œuvre.

L’objectif d’un tel exercice est de mettre en évidence les points forts de l’organisation et les axes d’amélioration.

Lien utile : exercice intégré 2025 : un exercice national pour renforcer la gestion commune des crises

 

Tri des urgences dans les pharmacies : renforcer l’accès aux soins de proximité

Dans un contexte de forte sollicitation du système de santé, le Département de la Santé et de l’Action Sociale et la Société Vaudoise de Pharmacie ont consolidé leur partenariat public-privé pour valoriser le rôle des pharmacies comme porte d'entrée du réseau de soins primaires. L'objectif est double : offrir à la population une alternative de proximité, rapide et sans rendez-vous, tout en contribuant au désengorgement des services d’urgences hospitaliers, particulièrement lors des pics épidémiques hivernaux.

Ce dispositif permet aux Vaudoises et aux Vaudois dès 16 ans, notamment ceux ne disposant pas de médecin traitant, de bénéficier d’une consultation structurée en pharmacie pour des affections courantes (maux de gorge, otites, cystites, brûlures, etc.). Les pharmaciennes et pharmaciens, formés à l'anamnèse en soins primaires, effectuent un triage clinique rigoureux. Selon la situation, ils peuvent prodiguer des conseils, remettre certains médicaments soumis à ordonnance selon des protocoles validés, ou réorienter le patient vers une structure médicale. La consultation coûte environ 20.- et est remboursée par certaines assurances maladie.

Afin de promouvoir cette prestation au sein de la population, une campagne de communication ciblée a été lancée le 4 novembre 2025, s’inscrivant dans la prévention des virus hivernaux, période critique pour les urgences. Cette campagne s'est basée sur :

  • La diffusion d'un communiqué de presse relayant les messages de prévention et d'orientation ;
  • L'activation des réseaux sociaux du canton et des partenaires avec des visuels pertinents, dont des films d’animation portant sur des thématiques courantes de consultation ;
  • La mise en ligne d'une page web centralisant les informations pratiques ;
  • La diffusion en pharmacie (affiches, flyers et films).

Elle a permis de promouvoir le rôle des pharmacies et de clarifier le parcours de soins pour le citoyen : "Un problème de santé ? Vous hésitez à aller aux urgences ? Consultez en pharmacie".

Liens utiles : www.vd.ch/consultation-pharmacie

CHUV

Dossier patient informatisé

À l’issue d’un processus d’évaluation rigoureux, innovant et participatif, et après la fin de procédures judiciaires qui ont retardé le processus, le CHUV et 11 hôpitaux vaudois, représentés par la Fédération des Hôpitaux Vaudois Informatique (FHVi), ont adjugé le marché relatif au remplacement de leur Dossier Patient Informatisé (DPI) à la société Epic Systems Corporation. Cette attribution, conditionnée à l’octroi du budget nécessaire par le Grand Conseil, vise à renforcer la continuité des soins et à harmoniser les pratiques cliniques à l’échelle cantonale, en conformité avec un des objectifs du programme de législature 2022-2027.

L’évaluation a mobilisé un large panel d’utilisatrices et utilisateurs issus des 12 établissements concernés. Plus de 150 expertes et experts métiers ont participé aux auditions des fournisseurs, tandis que plus de 300 collaboratrices et collaborateurs ont pu découvrir les solutions en lice à travers des cas d’usage présentés en vidéo, puis faire part de leurs retours. Ceux-ci ont permis d’identifier Epic comme la solution offrant la meilleure continuité de l’information tout au long du parcours patient, au sein des établissements comme entre eux. Le système répond de manière optimale aux critères définis dans le cahier des charges, élaboré par une équipe pluridisciplinaire.

Ce DPI est aujourd’hui utilisé par près de 3'000 hôpitaux et 72'000 cliniques dans le monde. La solution, adaptable aux spécificités du système de santé suisse, doit contribuer à une gestion plus efficiente des données cliniques et administratives, tout en allégeant la charge administrative des équipes. Les données des patientes et patients seront hébergées exclusivement en Suisse, conformément aux exigences légales en vigueur en matière de protection des données.

Le projet se déploiera sur deux à trois ans après la phase de contractualisation.

Inauguration de l’Hôpital des enfants et Prix de l’Immobilier romand

Le 14 mai 2025, le nouvel Hôpital des enfants du CHUV a ouvert ses portes à Lausanne, marquant une étape majeure pour les soins pédiatriques en Suisse romande. Fruit d’un chantier complexe débuté en 2019, l’édifice regroupe désormais la majorité des activités pédiatriques autrefois dispersées sur deux sites, offrant un cadre pensé pour les enfants, adolescents et leurs familles. Surplombant la station de métro CHUV, en face du bâtiment principal, le nouvel hôpital bénéficie d’un emplacement stratégique au cœur de la cité hospitalière et permet un accès direct à la Maternité et au plateau technique central.

Le bâtiment allie innovation architecturale et humanité, avec des espaces lumineux, végétalisés et chaleureux, des interventions artistiques apaisantes et un cadre sécurisé favorisant le bien-être des jeunes patients et de leurs proches. Les infrastructures modernes incluent chambres avec banquettes convertibles pour accueillir les parents, zones de jeux et de détente à chaque étage, une salle de classe pour l’école à l’hôpital, une cafétéria et un espace de rencontre pour adolescents, ainsi qu’un toit-terrasse doté d’un jardin thérapeutique et d’une aire de jeux.

Le regroupement des services de pédiatrie et de chirurgie de l’enfant, rattachés au Département femme-mère-enfant, a permis de simplifier les parcours de soins et de centraliser l’expertise universitaire pédiatrique du CHUV sur un seul site, de la cardiologie à l’oncologie, en passant par la pneumologie, l’ORL et la médecine d’urgence. Les patients ont ainsi bénéficié d’une prise en charge globale, multidisciplinaire et optimisée.

Le projet a relevé le défi de maintenir l’activité hospitalière et l’accès a station de métro durant les travaux. La qualité et l’innovation du projet ont été reconnues par le Prix de l’immobilier romand 2025 dans la catégorie « Ouvrages publics » décerné par Bilan Magazine et SVIT Suisse romande, qui a salué sa technicité et son approche centrée sur le bien-être des enfants et de leur famille.

CHUV ©WEBER Gilles

Réorganisation du département d’oncologie du CHUV

Dans un contexte marqué par l’accélération des progrès scientifiques et la complexité croissante de la recherche en oncologie, les partenaires académiques et institutionnels ont engagé une adaptation de l’organisation du département afin de concentrer les ressources sur les domaines offrant le plus fort potentiel clinique. Cette évolution vise à renforcer l’impact des avancées scientifiques et à accélérer leur traduction en bénéfices concrets pour les patientes et patients.

Dans cette perspective, le Canton de Vaud, le CHUV, l’Université de Lausanne et le Ludwig Institute for Cancer Research ont renouvelé leur partenariat stratégique. Ce nouvel accord permet de renouveler une collaboration qui a déjà permis d’attirer des scientifiques de renommée internationale. Il soutient la recherche fondamentale et translationnelle, en particulier dans les domaines de l’immunothérapie et du micro-environnement tumoral.

Initiée en 2015, cette collaboration repose sur une articulation étroite entre recherche fondamentale, moteurs de découverte en immunologie tumorale humaine et traduction clinique des innovations thérapeutiques. Pour la période 2025–2029, le partenariat s’appuie sur les infrastructures de recherche développées conjointement par le CHUV et l’UNIL. L’intégration renforcée de la branche Ludwig au sein de l’UNIL doit favoriser l’émergence de nouvelles collaborations interdisciplinaires et concentrer les efforts sur des projets aux retombées cliniques et scientifiques prometteuses.

Parallèlement, une nouvelle organisation de la gouvernance distingue désormais la recherche en oncologie clinique et la recherche fondamentale, afin de renforcer les liens entre ces deux dimensions complémentaires. Cette approche coordonnée vise à accélérer le développement de nouvelles thérapies et leur transfert vers la pratique clinique.

Dans cette dynamique, le CHUV prévoit d’élargir les essais cliniques à d’autres domaines thérapeutiques, tels que l’immunologie, l’onco-hématologie et la pédiatrie. Le Centre de thérapies expérimentales, intégré au sein de la Direction de l’innovation et de la recherche clinique, jouera un rôle central dans le développement et l’évaluation de traitements innovants, au bénéfice des patients du canton et au-delà.

Inauguration de l’espace dédié à la radiologie ambulatoire

Idéalement situé au centre de la cité hospitalière, à proximité immédiate de l’entrée principale du CHUV, le nouvel espace d’imagerie médicale ambulatoire centralise désormais l’ensemble des examens sur un site unique, précédemment réparties entre plusieurs lieux lausannois. Cette centralisation améliore l’accessibilité, permet une meilleure organisation des flux ambulatoires et hospitaliers et contribue à réduire les temps d’attente, tout en améliorant l’expérience patient.

Le nouvel espace est doté de trois appareils d’imagerie par résonance magnétique (IRM), de deux scanners et de trois postes d’échographie de dernière génération. Issu du renouvellement et de la modernisation du parc existant, le plateau technique garantit des examens de haute qualité dans un environnement favorisant confort et efficacité. Une attention particulière a été portée aux patientes et patients ayant des besoins spécifiques : accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, salle dédiée à l’hypnose pour les personnes anxieuses et IRM à champ réduit (1.5 T) permettant la prise en charge de personnes porteuses d’implants. La lumière naturelle et l’aménagement des locaux contribuent à créer un cadre chaleureux, sûr et apaisant.

Le projet s’inscrit dans une démarche architecturale durable. Les locaux rénovés sont ceux de l’ancienne bibliothèque de médecine. Confié au bureau lausannois Aubert Architectes, le chantier a privilégié l’utilisation de matériaux biosourcés et le réemploi d’éléments existants. Le projet a également donné lieu à une collaboration avec l’ECAL, avec la conception de mobilier à partir de matériaux issus du chantier, aujourd’hui utilisé dans l’espace de radiologie ambulatoire.

CHUV © Jeanne MARTEL

Thérapie assistée par animal – Dog-teur

Plusieurs projets de thérapie assistée par animal (TAA) sont actuellement mis en œuvre ou en préparation au CHUV, notamment en neuro-réhabilitation, en psychiatrie et en pédiatrie. L’intervention assistée par animal (IAA) constitue un terme générique qui regroupe les thérapies assistées par animal (TAA) et les activités assistées par animal (AAA). Les TAA sont dispensées par des professionnels et professionnelles de la santé, en complément de traitements conventionnels, selon des objectifs thérapeutiques précis et structurés. Les AAA, quant à elles, visent principalement le bien-être, le plaisir et la distraction, sans objectif thérapeutique formalisé.

Afin d’encadrer ces pratiques, un groupe de travail multidisciplinaire, en collaboration avec le Centre de médecine intégrative et complémentaire (CEMIC), a élaboré une procédure institutionnelle dédiée à la présence d’animaux dans les soins à visée thérapeutique. Cette procédure définit désormais le cadre de toutes les interventions assistées par animal au sein de l’hôpital et permet à chaque service intéressé de développer des projets conformes aux exigences cliniques, éthiques et de sécurité. Des données scientifiques et des expériences probantes, notamment en Suisse, soutiennent ces approches innovantes.

Ces thérapies offrent des perspectives prometteuses pour des personnes parfois lourdement atteintes dans leur santé, dont l’adhésion aux soins peut être fragilisée par la durée des traitements, la fatigue, la douleur ou l’anxiété. En neuro-réhabilitation, un projet pilote mené au Service universitaire de neuro réhabilitation (SUN) a démontré des bénéfices concrets. La présence d’un chien lors de séances de physiothérapie et d’ergothérapie a favorisé un regain de motivation, une amélioration de l’humeur et une participation plus active des patientes et patients. Les interactions avec l’animal permettent également de travailler, de manière ludique, la motricité, l’équilibre, la coordination ainsi que certaines fonctions cognitives. Ce projet, soutenu par la Fondation CHUV, a été pérennisé et étendu.

En psychiatrie, plusieurs initiatives se développent également. Au Centre vaudois anorexie boulimie (abC), Jam, un golden retriever accrédité chien de thérapie fin 2024, accompagne les soins. Il facilite l’entrée dans la relation thérapeutique, soutient l’expression des émotions et participe à des séances de psychothérapie, de relaxation ou de mouvement. D’autres services, dont la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent et la pédiatrie, développent ou préparent des projets similaires.

Jam est l'un des "dog-teur" du CHUV. Ce golden retriever de 2 ans et demi a été accrédité chien de thérapie fin 2024. Il accompagne plusieurs fois par semaine Mélanie Lanz, psychologue adjointe au Centre vaudois anorexie boulimie (abC) sur le site de Saint-Loup. CHUV 2025 © Heidi DIAZ

Production de médicament de transfert de microbiote fécal (TMF)

Le CHUV a développé un traitement innovant et strictement réglementé permet de moduler le microbiote intestinal et de guérir l’infection digestive à la bactérie Clostridioides difficile.

Le TMF consiste à restaurer le microbiote intestinal d’un ou d’une patiente en transférant une partie de la flore intestinale issue des selles d’un donneur ou d’une donneuse saine, après transformation en médicament. À ce jour, la seule indication reconnue est l’infection récidivante à Clostridioides difficile, une pathologie provoquant de fortes diarrhées, associée à un risque accru de complications et de mortalité, et nécessitant fréquemment une hospitalisation. Une personne sur quatre présente une récidive après une première infection.

Ce traitement affiche un taux de guérison d’environ 95 %, contre 30 % avec les antibiotiques seuls. Il est administré sous forme de gélules ou de suspension acheminée jusqu’à l’intestin par sonde nasale ou coloscopie. Grâce à un financement temporaire du CHUV, environ 30 patientes et patients ont pu être traités chaque année, avec des résultats remarquables et durables. Les donneurs et donneuses sont soumis à une sélection clinique et biologique rigoureuse, seuls environ 10% étant retenus. La production est réalisée dans un laboratoire dédié du CHUV, selon un processus entièrement standardisé garantissant qualité et traçabilité.

En Suisse, le microbiote fécal est classé comme un médicament non standardisable, soumis à l’Ordonnance sur les médicaments (OMéd). Sa production requiert une autorisation et répond à des normes strictes de fabrication, de contrôle, de suivi et de traçabilité, comparables à celles des médicaments industriels. Le CHUV est ainsi le premier hôpital public à produire un tel médicament dans ce cadre légal.

Le CHUV a déposé une demande d’autorisation de mise sur le marché du transfert de microbiote fécal (TMF) délivrée par Swissmedic. Une fois cette autorisation obtenue, le CHUV deviendrait le premier centre accrédité en Suisse à produire ce type de médicament.

Avec cette autorisation, le médicament du Centre TMF du CHUV pourra être mis à disposition d’autres hôpitaux partenaires en Suisse. Couplé à une plateforme de recherche clinique, ce centre contribuera également à approfondir les connaissances sur le microbiote intestinal et son rôle clé dans la santé humaine. Une demande de prise en charge par l’assurance de base est actuellement en cours auprès de l’OFSP, afin d’assurer la tarification et la pérennité de ce traitement à fort impact sur la qualité de vie des patientes et patients.

La fabrication du médicament est effectuée dans un laboratoire du CHUV dédié. © Apichat GANGUILLET

Mise en place de la dialyse à domicile

Les besoins en dialyse augmentent chaque année, notamment en raison de la progression de maladies chroniques comme l’hypertension ou le diabète, principales causes d’insuffisance rénale. En Suisse, environ 4’500 personnes sont dialysées en 2025. Lorsque les reins ne parviennent plus à assurer leurs fonctions vitales — élimination des déchets, équilibre des sels minéraux et régulation de la pression artérielle — la dialyse devient indispensable, en attendant une éventuelle greffe.

Si la dialyse permet de prolonger la vie, elle impose toutefois de lourdes contraintes. La majorité des patientes et patients doivent se rendre en centre de dialyse trois demi-journées par semaine, avec des répercussions importantes sur leur vie personnelle et professionnelle.

Pour la première fois, un patient du CHUV bénéficie d’une hémodialyse autonome quotidienne à domicile. Ce projet a pu voir le jour grâce à l’engagement du Service de néphrologie et d’hypertension et à la formation dispensée par l’équipe infirmière. Ce nouveau dispositif, plus compact, permet d’améliorer significativement l’autonomie et la qualité de vie des personnes souffrant d’insuffisance rénale chronique.

Bien que l’hémodialyse à domicile existe en Suisse depuis plusieurs années, elle reste peu pratiquée en raison du caractère complexe et encombrant des équipements traditionnels. Les récentes avancées technologiques ont permis le développement de machines plus compactes, désormais adaptées à une utilisation à domicile.

Au Centre de dialyse du CHUV, une équipe infirmière dédiée accompagne les patientes et patients durant plusieurs semaines afin de leur transmettre les compétences nécessaires à une prise en charge autonome et sécurisée.

Contrairement à l’hémodialyse classique, cette approche repose sur des séances plus courtes mais plus fréquentes, se rapprochant du fonctionnement naturel des reins. Elle permet une meilleure tolérance du traitement, une diminution de la fatigue et une plus grande flexibilité au quotidien. Cette première expérience marque une étape clé vers une prise en charge plus individualisée des personnes atteintes d’insuffisance rénale chronique.

© CHUV

Lancement des essais cliniques utilisant l’intelligence artificielle générative pour optimiser les décisions médicales aux urgences

L’intelligence artificielle générative ouvre des perspectives majeures pour la médecine, à condition d’être développée et évaluée avec la rigueur que requiert le soin aux patientes et aux patients. C’est dans cette logique que le CHUV, en collaboration étroite avec l’EPFL, s’engage dans l’un des premiers essais cliniques de longue durée en Suisse (4 ans) visant à évaluer un modèle de langage génératif en conditions réelles de pratique médicale.

Le projet Meditron-CHUV illustre l’ambition vaudoise de concilier innovation technologique, excellence scientifique et responsabilité publique. Contrairement aux approches issues du secteur privé, ce modèle repose sur des technologies open source, entraînées à partir de littérature scientifique validée, et adaptées aux réalités cliniques, linguistiques et réglementaires du système de santé suisse. Les données des patientes et patients restent hébergées au sein de l’institution, garantissant souveraineté numérique et protection des données.

L’enjeu est double. Sur le plan sanitaire, il s’agit d’améliorer la qualité des décisions médicales aux urgences, un contexte marqué par une forte pression temporelle et un risque de surutilisation des examens et traitements. Les essais cliniques porteront notamment sur la prescription d’antibiotiques et le recours aux examens d’imagerie, deux domaines où une aide à la décision pourrait réduire les pratiques inutiles, limiter les risques pour les patients et contribuer à une utilisation plus efficiente des ressources de santé.

Sur le plan sociétal, ce projet interroge la place de l’intelligence artificielle dans la relation de soin. L’approche retenue est clairement celle d’un outil d’aide à la décision, encadré, évalué et co-construit avec plus de 300 médecins du CHUV. Le jugement clinique, l’expérience humaine et la responsabilité médicale demeurent au cœur du processus. L’acceptabilité par les soignants, fondée sur la transparence et la confiance critique, constitue un enjeu central de l’essai.

En soutenant ce projet, le Fonds national suisse de la recherche et les institutions vaudoises participent à positionner le canton de Vaud comme un acteur de référence dans le développement d’une intelligence artificielle médicale éthique, fiable et au service de la santé publique.

 

Accueil de quatre enfants de Gaza

Après l’arrivée d’un premier enfant le 24 octobre, le Canton de Vaud a accueilli en novembre trois autres mineurs en provenance de la bande de Gaza, ainsi que des membres de leurs familles. Ces enfants, nécessitant des traitements médicaux spécialisés indisponibles sur place, ont été pris en charge par le CHUV pour l’ensemble des aspects médicaux. Leurs proches ont été hébergés à proximité de l’hôpital.

Cette prise en charge s’est inscrite dans une opération humanitaire menée par la Confédération, à laquelle le Canton de Vaud a choisi de participer, aux côtés de nombreux partenaires institutionnels et humanitaires. Le Conseil d’État a souhaité jouer un rôle actif dans cette action de solidarité, fidèle à la tradition humanitaire de la Suisse, en faveur d’enfants qui ne pouvaient pas recevoir les soins nécessaires en raison de la situation dans la bande de Gaza.

Les quatre enfants accueillis au CHUV font partie des 20 enfants accueillis au total par la Suisse, en deux temps. La répartition des enfants entre les cantons et les établissements hospitaliers a été effectuée sur la base de critères médicaux précis, en tenant compte des besoins spécifiques des patients ainsi que des compétences et capacités des hôpitaux concernés.

Les enfants et leurs proches ont d’abord été transférés de Gaza vers la Jordanie, où leur état de santé a été stabilisé, avant leur acheminement vers la Suisse à bord d’avions médicalisés, avec le soutien de partenaires internationaux. Avant leur entrée sur le territoire suisse, toutes les personnes évacuées ont fait l’objet d’examens de sécurité approfondis par les autorités compétentes.

À leur arrivée en Suisse, les enfants ont été répartis dans plusieurs hôpitaux universitaires et cantonaux, dont le CHUV. Les cantons d’accueil avaient donné leur accord préalable pour assurer le logement, l’assistance et la prise en charge médicale des personnes concernées.

© EDA, Alex Kühni