Service de la promotion de l'économie et de l'innovation (SPEI)

Service de la promotion de l’économie et de l’innovation (SPEI)

Plan d’action pour soutenir l’industrie

Dans un contexte marqué par un net ralentissement de l’économie mondiale et une dégradation de l’environnement international, notamment liée à l’introduction de nouveaux droits de douane américains susceptibles d’affecter les échanges commerciaux et les exportations, des mesures ciblées ont été mises en œuvre afin de soutenir le tissu industriel vaudois. Le secteur est particulièrement impacté par la diminution des carnets de commandes, l’appréciation du franc suisse et la montée du protectionnisme, ce qui s’est traduit par une augmentation notable du recours aux réductions de l’horaire de travail.

Dans le cadre de son plan d’action en faveur de l’industrie, le Canton a procédé, en février 2025, à la réouverture du Fonds de soutien à l’industrie, institué en 2015. Cette troisième réactivation répond aux besoins exprimés par les entreprises industrielles et vise à renforcer leur compétitivité, à préserver les emplois et les savoir-faire locaux, ainsi qu’à préparer l’économie cantonale à une phase de reprise. En 2025, le fonds a enregistré plus de 80 demandes émanant d’entreprises vaudoises, dont 75% ont été acceptées. 41 entreprises ont ainsi bénéficié d’un soutien pour un montant total de 4,9 millions de francs. Les aides accordées concernent majoritairement des investissements liés à l’acquisition ou au renouvellement d’équipements et de machines, contribuant à renforcer l’innovation, la productivité et l’efficience énergétique des outils de production. Par ailleurs, 15% des soutiens ont été consacrés à l’optimisation et à la digitalisation des moyens de production et des processus industriels.

En complément, le Fonds de soutien à l’économie durable a introduit en 2025 une nouvelle mesure dédiée à l’accompagnement des entreprises industrielles et des grands consommateurs dans l’élaboration de feuilles de route en matière de durabilité. 23 entreprises ont bénéficié de ce dispositif, qui a été reconduit pour une période supplémentaire au vu de l’intérêt rencontré.

Enfin, le programme iNNdustry, développé en partenariat avec Innovaud et lancé en début d’année, constitue un levier supplémentaire pour stimuler l’innovation industrielle et faciliter l’accès des PME aux dispositifs de soutien existants. Dans ce cadre, en 2025, une centaine d’entreprises ont fait l’objet d’un accompagnement individualisé, tandis que plus de 1000 sociétés industrielles ont été sensibilisées aux prestations du programme lors de divers événements, tels que des conférences ou des stands dédiés.

Point sur le crédit-cadre tourisme durable

En 2023, le Conseil d’État a soumis au Grand Conseil un projet de crédit-cadre de CHF 50 millions afin de soutenir, sur l’ensemble du canton, le développement d’infrastructures touristiques dans le respect des principes de durabilité. Un bilan de ce soutien a été effectué en 2025.

18 projets ont été soutenus au travers de ce crédit-cadre, pour un montant total d’investissements de 183 millions  de francs, dont près de 26 millions octroyés par l’État. Ces résultats impliquent que, pour chaque franc octroyé par le Canton, 7 francs ont été réinvestis dans les activités économiques touristiques vaudoises. Les financements étatiques concernaient majoritairement des projets : de loisirs ou sites thématiques, comme l’Espace du Blé au Pain à Échallens ou le parc Alti’Loisirs à Sainte-Croix (33%), de rénovation de centres de congrès notamment le 2m2c à Montreux (32%), d’hébergements à plus de 800 mètres d’altitude (23%), le renouvellement ou à l’adaptation de remontées mécaniques (7%) ou de centres sportifs, tels qu’à Leysin (5%).

L’un des défis du secteur consiste à renforcer durablement l’activité hivernale, pilier majeur de l’économie touristique, tout en accompagnant le développement équilibré des activités sur l’ensemble de l’année. En ce sens, les priorités des soutiens aux remontées mécaniques portent sur le renouvellement, l’adaptation ou la rénovation lourde des installations structurantes, telles que télécabines et télésièges, à condition qu’elles soient viables à l’exploitation, ouvertes une grande partie de l’année et bien raccordées aux transports publics. Les mesures soutiennent également le développement de nouvelles offres touristiques non liées au ski, implantées aux sommets ou le long des descentes, pour autant qu’elles respectent les exigences en matière d’agriculture, d’environnement, d’aménagement du territoire et les réseaux de randonnée pédestre. Enfin, le démantèlement de remontées mécaniques obsolètes est encouragé afin de préserver les paysages et renforcer la qualité des espaces naturels.

Les perspectives du crédit-cadre comprennent la création d’un portail de mobilité active en collaboration avec la Direction générale de la mobilité et des routes, l’élaboration de nouveaux principes de soutien sous l’angle de l’impact, de la durabilité, et de la subsidiarité, ainsi qu’une étude de base sur le tourisme et les loisirs dans le cadre du Plan d’action cantonal.

Résultats de la campagne d’achats-test d’alcool dans le canton de Vaud

En 2025, des achats-tests d’alcool ont été menés dans le canton de Vaud auprès de jeunes âgés de 14 à 17 ans, selon la méthode du « client mystère ». Près de 400 points de vente tirés au sort ainsi que 5 grandes manifestations ont été contrôlés afin de vérifier le respect de la législation interdisant la vente d’alcool aux mineurs. Les résultats montrent que, dans 47% des cas, les jeunes ont pu acheter de l’alcool malgré l’interdiction légale, ce qui signifie qu’un achat-test sur deux a abouti à une infraction.

Pour rappel, la loi autorise la vente d’alcool fermenté dès 16 ans et d’alcool distillé dès 18 ans. Cette restriction constitue une mesure essentielle de protection de la jeunesse, la consommation d’alcool chez les jeunes étant associée à des risques importants pour la santé et la sécurité (coma éthylique, accidents, violences ou comportements à risque). Les acteurs de la vente ont la responsabilité de vérifier l’âge des clients et de demander une pièce d’identité en cas de doute.

Sur les 399 points de vente visités, 186 infractions ont été constatées. Lors des manifestations, près de la moitié des achats-tests ont également conduit à une vente illégale. Les jeunes testeurs, formés et encadrés par la Police cantonale du commerce, Unisanté et la Fondation vaudoise contre l’alcoolisme, ont ainsi pu se procurer de l’alcool dans près d’un cas sur deux. Les autorités cantonales jugent ce taux trop élevé.

Tous les établissements testés ont reçu un courrier d’information et de mise en garde, accompagné d’un rappel légal et de documents de prévention. Les points de vente en infraction feront l’objet de nouveaux contrôles et risquent des sanctions en cas de récidive.

L’analyse révèle des différences marquées selon le type de commerce : les supermarchés affichent de bien meilleurs résultats, avec seulement 10% de ventes illégales, contre près de 50% dans les établissements publics. Enfin, plus de la moitié des points de vente ne présentaient pas clairement l’avis de protection de la jeunesse, alors que son affichage est associé à un meilleur respect de la loi. Des mesures d’amélioration et de formation sont prévues, tandis que la campagne d’achats-tests se poursuit jusqu’en 2026.

Renforcement de la filière vaudoise du bois

Dans un contexte de transition écologique et de pression accrue sur les filières industrielles locales, le Conseil d’État vaudois renforce son engagement en faveur de la filière du bois, et en particulier des scieries, premier maillon, le plus fragile, de la chaîne de valorisation du bois local. Cette mesure s’inscrit à la fois dans la politique forestière vaudoise 2040 et dans les priorités du Plan climat vaudois, en cohérence avec les objectifs de développement économique durable du canton.

Annoncé en 2023, ce dispositif est financé par le crédit-cadre cantonal pour les infrastructures industrielles, doté de 15 millions de francs et déjà en vigueur. Sur cette enveloppe, un montant de 3 millions de francs est spécifiquement réservé à la première transformation du bois. Le recours à ce crédit existant permet une mise en œuvre rapide de la mesure, sans impact supplémentaire sur le budget cantonal.

Le secteur du sciage joue un rôle stratégique dans la valorisation des ressources forestières vaudoises, alors même qu’il a connu un fort recul structurel : le nombre de scieries est passé d’environ 100 à la fin des années 1980 à une vingtaine aujourd’hui. Sans investissement ciblé, la disparition progressive des dernières scieries représente un risque réel pour l’emploi, les savoir-faire industriels et la valorisation locale d’une ressource renouvelable.

Le soutien cantonal vise l’achat, la rénovation et la transformation d’infrastructures et d’équipements des entreprises actives dans la première transformation du bois. Les subventions, plafonnées à 1 million de francs par projet et par entreprise, peuvent couvrir jusqu’à 35 % des coûts éligibles. Les entreprises intéressées peuvent s’adresser au Service de la promotion de l’économie et de l’innovation.

Avec près de 10 % des forêts suisses situées sur son territoire, Vaud entend ainsi sécuriser une filière clé, renforcer les liens avec la deuxième transformation et la construction, réduire les transports et les émissions de CO₂, et pérenniser des emplois et compétences essentiels. Cette mesure s’inscrit pleinement dans les objectifs du Programme de législature 2022–2027 et du Plan climat vaudois, qui visent une réduction de 50 à 60 % des émissions d’ici 2030 et la neutralité carbone à l’horizon 2050.