Bureau de l'égalité entre les femmes et les hommes (BEFH)

Bureau de l'égalité entre les femmes et les hommes

ALTernatives : pour une relation sans violence

Chaque année, la violence domestique cause en moyenne une vingtaine d’homicides en Suisse, touchant majoritairement des femmes. Les études montrent qu’en moyenne un enfant sur 5 est exposé à la violence dans le couple et certains parmi eux vont vivre cette violence dans leur propre couple dans le futur. Ce sujet, aussi important que sensible, mérite d’être abordé pour mieux détecter les situations et agir. Mais ouvrir le dialogue n’est pas toujours simple. C’est pourquoi, le Bureau vaudois de l’égalité entre les femmes et les hommes a développé pour la Conférence romande des bureaux de l’égalité (egalite.ch) un outil numérique destinés aux jeunes.

ALTernatives est un parcours didactique sous la forme d’un jeu sérieux destiné à sensibiliser les jeunes de 16 à 25 ans, principalement les élèves du secondaire II, à la violence domestique et la violence dans le couple. Il permet d’explorer cinq aspects de la violence domestique en incarnant différents personnages. À travers ces histoires, les jeunes apprennent à reconnaître les signes de violence, à comprendre les dynamiques relationnelles abusives et à adopter des réactions adaptées, que ce soit en tant que témoin, victime ou auteure – auteur. Les services d’aide et le cadre légal en vigueur leur sont également présentés.

Ce jeu s’inscrit dans la continuité de l’exposition Plus Fort Que la Violence (PFQV) qui rencontre un vif succès auprès des jeunes romands depuis plusieurs annéesUn support numérique comme ALTernatives permet d’atteindre un plus grand nombre d’élèves et de lieux de formation simultanément et renforce l’impact des messages de prévention en adoptant un format dont les jeunes sont friands : les jeux numériques.

      L’ensemble du matériel (jeu, dossier pédagogique, teaser, site internet) est disponible depuis avril 2025. Il se compose des éléments suivants :

  • Un jeu vidéo interactif de sensibilisation à la violence domestique destiné aux élèves du secondaire II ;
  • Un dossier pédagogique à destination des professionnelles et des professionnels de l’éducation ;
  • Une page dédiée sur le site d’egalite.ch, avec une section pour les jeunes (ressources cantonales) et une pour les encadrants ;
  • Un teaser vidéo de promotion
  • Un leporello au format carte de crédit qui reprend des messages clés et des contacts utiles pour les jeunes.
  • Des questionnaires de satisfaction pour les élèves et les personnes qui accompagnent le déploiement du jeu.

Un module de formation digitale gamifiée destiné aux pharmacies pour détecter la violence dans le couple chez les seniors

À l’occasion de la Journée internationale contre les violences faites aux femmes, la Conférence romande des Bureaux de l’égalité (egalite.ch) a lancé un outil de détection et prise en charge de la violence dans les couples seniors. En effet, la violence dans le couple ne connaît pas de limite d’âge. Les personnes de 64 ans et plus représentent aujourd’hui près de 20% de la population suisse et peuvent également être confrontées à cette problématique.

Les équipes des pharmacies jouent ici un rôle clé : en contact régulier avec des personnes âgées, elles et ils peuvent repérer une situation de violence, offrir une première écoute et orienter vers un soutien adapté. Comme les victimes âgées s’adressent rarement directement à une aide spécialisée et se tournent plutôt vers une personne de confiance, la pharmacie constitue un relais essentiel de proximité.

Sous la direction conjointe des cantons de Vaud et de Genève, cette formation a été développée grâce à l’expertise technique de l’entreprise Take off Concept, et en collaboration avec la Haute école de Santé la Source (HES-SO). Elle se base sur le matériel développé dans le cadre du projet de recherche appliquée « Prévention de la violence dans le couple âgé » conduit par la Haute École de la Santé La Source (HES-SO), le Centre de compétence national Vieillesse sans Violence et le senior-lab. Ce projet a été soutenu financièrement par le Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes (BFEG).

Cette formation s’inscrit dans la continuité d’un premier module développé par le Canton de Vaud en 2022, repris par de nombreux autres cantons de Suisse romande et alémanique. Elle est disponible en français pour les cantons romands. Une version en allemand sera diffusée dès février 2026 dans les cantons bilingues et à Bâle-Ville, Soleure et Schaffhouse (cantons alémaniques partenaires du projet). Les modalités de diffusion et d’inscription à la formation sont définies par chaque canton.

Journée annuelle du réseau vaudois contre la violence domestique : le contrôle coercitif

Souvent méconnu, le contrôle coercitif s’installe de manière insidieuse et repose sur des stratégies d’isolement, de surveillance et de domination, rendant la sortie de l’emprise particulièrement difficile et les preuves judiciaires plus complexes à établir.

Cette notion suscite un intérêt croissant dans les milieux spécialisés, comme auprès de la société civile. La journée cantonale a permis à plus de 120 professionnelles et professionnels, ainsi que d'expertes et d'experts nationaux et internationaux d’approfondir ce concept afin de mieux accompagner les victimes et de permettre à la justice de l’intégrer dans son analyse des cas sur lesquels elle est amenée à statuer.

Création d’un centre de compétence romand pour le contrôle de l’égalité salariale

À l’occasion de la 3e rencontre des conseillères et conseillers d’État romands en charge de l’égalité le 4 septembre 2025 à Estavayer-le-Lac, les Cantons de Fribourg, Genève, Neuchâtel, Valais et Vaud ont signé un accord-cadre avec la HES-SO Valais-Wallis officialisant la création d'un centre de compétence romand pour le contrôle de l’égalité salariale entre femmes et hommes. Cette réalisation marque une étape déterminante dans la mise en œuvre de la Charte romande de l’égalité, adoptée en 2023 et visant précisément à intensifier la coopération intercantonale en faveur de l’égalité entre femmes et hommes.

Le nouveau centre de compétence représente une avancée majeure pour garantir une vérification rigoureuse et harmonisée de l’égalité salariale dans les marchés publics et les subventions. Il pourra également être sollicité par les communes des cantons signataires. Sur la base de mandats annuels, le centre de compétence mènera des audits de conformité en matière d’égalité salariale selon le principe des quatre yeux, gage de rigueur et de fiabilité, tout en respectant les meilleurs standards de qualité.

En présence de Luciana Vaccaro, Rectrice de la HES-SO et de François Seppey, Directeur de la HES-SO Valais-Wallis, Nathalie Fontanet (GE), Florence Nater (NE), Philippe Demierre (FR), Isabelle Moret (VD) et Mathias Reynard (VS) ont signé un accord-cadre avec la HES-SO Valais-Wallis, créant ainsi le centre de compétence romand pour le contrôle de l’égalité salariale. Photo © Fiona D’Avino

Dark romance : une séquence pédagogique destinée aux jeunes du secondaire

Le Bureau de l’égalité entre les femmes et les hommes a développé un outil destiné au corps enseignant du secondaire I et II pour sensibiliser aux risques de la dark romance dans le cadre du matériel. L’école de l’égalité, publié par la Conférence romande des bureaux de l’égalité. Les titres de ce genre littéraire figurent régulièrement parmi les meilleures ventes de livres en Suisse. Ils rencontrent un grand succès, en particulier auprès des adolescentes. Cette « romance sombre » met en scène des récits caractérisés par de la violence psychologique, physique et sexuelle exercée sur des femmes. Les faits décrits dépassent de loin les clichés des personnages masculins et féminins que l’on peut trouver dans les romans pour un public adolescent. Certains actes sont ouvertement violents, abusifs et punissables par la loi.

Dans un contexte caractérisé par une hausse du nombre de victimes d’abus sexuels chez les jeunes, le Bureau vaudois de l’égalité entre les femmes et les hommes propose une séquence pédagogique au corps enseignant du secondaire pour ouvrir la discussion en classe et renforcer la prise de distance et le sens critique des jeunes lectrices et lecteurs.

Le matériel L’école de l’égalité est reconnu comme matériel pédagogique complémentaire par la Conférence intercantonale de l’instruction publique de la Suisse romande et du Tessin (CIIP). Il est téléchargeable sur le site internet egalite.ch.

Bilan intermédiaire du Plan cantonal de mise en œuvre de la Convention d’Istanbul (2020-2027)

Le 11 juin 2025, le Conseil d'État a dressé un bilan intermédiaire des actions mises en place dans le cadre de ce Plan d'action entre 2020 et juin 2025, ainsi que des actions à venir pour la période restante. Le plan d’action se compose de 2 axes : Prévention et Protection, qui se déclinent en 35 mesures.

Parmi les projets réalisés figurent des programmes destinés à la sensibilisation des jeunes tels que As de cœur qui se déploie dans les écoles, le jeu sérieux ALTernatives et la campagne sur les réseaux sociaux Amoureux.se pour prévenir la violence dans les couples de jeunes. La campagne destinée aux personnes auteures de violence domestique vise à inciter à faire appel aux prestations du Centre de prévention d’Ale. Et pour l’axe protection, l’ouverture d’un nouveau foyer pour victimes à Morges et l’extension de la possibilité de réaliser un constat médico-légal à la suite d’une agression sexuelle aux principaux hôpitaux du canton ont été réalisées.

Révision de la Loi de coordination de la prévention et la lutte contre la violence domestique

La loi vaudoise du 26 septembre 2017 d’organisation de la prévention et de la lutte contre la violence domestique (LOVD ; BLV 211.12) est entrée en vigueur le 1er novembre 2018. Elle a pour but de coordonner les moyens de prévention et de lutte contre la violence domestique et de protéger les personnes qui en sont victimes ; de concevoir un cadre global, des politiques et des mesures de protection et d’assistance pour les victimes de violence domestique ; de mettre en place des mesures d’intervention coordonnées auprès des auteurs de violence domestique ainsi que les mesures nécessaires à leur prise en charge ainsi que d’assurer la coopération des organisations, services et autorités afin d’adopter une approche intégrée visant à prévenir et à combattre la violence domestique.

L’article 16 LOVD prévoit une évaluation du dispositif dans les cinq ans suivant son entrée en vigueur, laquelle doit faire l’objet d’un rapport transmis au Grand Conseil.

Pour répondre à cette exigence légale, le Bureau de l’égalité entre les femmes et les hommes (BEFH) a mandaté la société OutSiders Sàrl afin de procéder à l’évaluation externe du dispositif. À la suite de cette évaluation, la révision de la loi s’est révélée nécessaire. Les propositions de modification vont dans le sens d’un renforcement de la prévention et de la lutte contre la violence domestique. Elles ont été élaborées à partir des recommandations formulées par l’équipe d’évaluation du dispositif LOVD, composée de criminologues, et en concertation avec les représentantes et représentants des services et entités composant la CCLVD. Elles résultent donc d’une analyse poussée du dispositif actuel et des réflexions des professionnelles et professionnels du terrain. Actuellement, l’exposé des motifs et projet de loi (EMPL) est à bout touchant. Courant 2026, l’EMPL passera au Conseil d’État puis au Grand Conseil.

Bilan et pérennisation de la protection des femmes migrantes victimes de violence domestique

Le 29 juin 2022, le Conseil d’État a adopté une série de mesures visant à renforcer la prise en charge des victimes de violence domestique sans statut de séjour ou dont le statut est précaire. Elles s’inscrivent à la fois dans une volonté politique d’amélioration du dispositif vaudois de prise en charge des victimes de violence domestique et dans un renforcement de la conformité de ce dispositif avec la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (Convention d’Istanbul ; RS 0.311.35).

 

En 2025, le Conseil d’État a décidé de pérenniser le dispositif en place, sur la base du bilan des mesures. Celles-ci consistent à permettre aux victimes et à leurs enfants, indépendamment de leur statut de séjour de bénéficier d’un hébergement d’urgence pouvant aller jusqu’à 60 jours, renforcer le conseil et l’accompagnement des victimes dans toutes leurs démarches par le Centre social protestant, obtenir des informations sur le cadre légal en vigueur auprès du Service de la population. S’agissant des femmes ainsi que les personnes LGBT bénéficiant d’un soutien de l’Evam, ,  une attention particulière à des conditions d’hébergement sensibles au genre a été portée..

La révision de la loi fédérale sur les étrangers et l’intégration (LEI) en 2024, visant à améliorer la situation des victimes de violence domestique s’inscrit dans la ligne droite de la volonté du Conseil d’État de protéger ces personnes particulièrement fragiles.

 

Débat public sur l’égalité et la Génération Z

En septembre 2025, la Commission cantonale consultative de l’égalité et le Bureau de l’égalité entre les femmes et les hommes ont organisé un débat public intitulé « Génération Z & égalité : une révolution tranquille ? » consacré aux enjeux de l’égalité parmi la population née dans les années 2000.

Afin de cerner les perceptions et les aspirations des jeunes femmes et hommes en matière d’égalité, les entités organisatrices ont invité des personnes expertes de l’égalité, de la formation professionnelle et de l’intervention sociale ainsi que trois personnes issues de la génération Z. Les interventions et les échanges ont permis de mettre en lumière qu’alors que les jeunes hommes semblent être plus optimistes sur l’avancée en matière d’égalité, les jeunes femmes évoquent plus de besoins et de scepticisme quant à une égalité pleine, en particulier dans le domaine professionnel. Enfin, l’importance d’accorder une attention particulière en matière de politique publique à des mouvements masculinistes particulièrement actifs en ligne a été relevée. Ceux-ci prônent la misogynie et la violence à l’encontre des femmes et ont une influence croissante auprès de certains jeunes hommes.

8 mars 2025

À l’occasion de la Journée Internationale des droits des femmes, le Bureau de l’égalité entre les femmes et les hommes s’est associé aux Rencontres 7e Art Lausanne, festival annuel dédié au cinéma, pour la projection du film « Proxima ». Réalisé par Alice Winocour, le film met en lumière la complexité pour une femme d’évoluer dans un domaine professionnel aussi atypique qu’exigeant, celui de l’astronautique, combinés avec les injonctions sociétales autour de la maternité.

Ce film a permis à un large public de réfléchir non seulement à la place des femmes dans les domaines scientifiques et techniques ainsi que sur les stéréotypes de genre influençant le choix d’une carrière, mais aussi sur la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, une responsabilité qui incombe encore majoritairement aux femmes. Un échange avec la réalisatrice à l’issue de la projection a prolongé cette réflexion.

Sarah, interprétée par Eva Green, dans «Proxima» © 2019 DHARAMSALA - DARIUS FILMS – PATHÉ FILMS - FRANCE 3 CINÉMA