Outre l’école de police, le Canton étudie d’ores et déjà la possibilité d’élargir l’utilisation du site à d’autres partenaires du domaine sécuritaire, notamment certains services dits «feux bleus», de la protection de l’environnement, ou encore le secteur pénitentiaire. Grâce à sa surface et à ses infrastructures, la place d’armes de Moudon offre en effet un potentiel important pour le développement d’un pôle de formation interdisciplinaire. Le périmètre et les usages futurs feront l’objet d’une étude approfondie. Un crédit d’étude en ce sens sera soumis prochainement au Conseil d’Etat.
L’ampleur des travaux d’adaptation du site déterminera le calendrier précis de l’installation de la nouvelle école. Si le projet se concrétise comme prévu, les premières volées pourraient démarrer entre 2030 et 2032. Dans l’intervalle, la formation policière reste assurée à Savatan.
Bodycams : le dispositif intègre l’équipement de base des polices vaudoises
Le Conseil d'État souhaite généraliser l'usage des caméras-piétons à l'ensemble des polices vaudoises pour renforcer la transparence et la confiance lors des interventions policières. Ce dispositif vise à prévenir les violences, fournir des preuves objectives à la justice et soutenir la crédibilité de l'action policière.
Suite aux résultats positifs d'un essai-pilote mené en 2019-2020 par la Police cantonale et la police municipale de Lausanne, le Conseil d'État a validé un projet de modification de la loi sur la Police cantonale (LPol). Cette modification, soumise au Grand Conseil, créera une base légale pour le déploiement des bodycams au sein de l'Organisation policière vaudoise (OPV).
Le projet prévoit d'offrir à toutes les polices vaudoises un modèle unique de caméra-piéton, tout en uniformisant les pratiques et la formation. Chaque corps de police restera libre de définir l'ampleur du déploiement. Pour la Police cantonale, l'objectif initial est de fournir au moins une caméra par binôme de la Gendarmerie mobile, avant un équipement progressif de tous les agents de terrain.
L'évaluation de l'essai-pilote par le ColLaboratoire de l'Université de Lausanne a confirmé la plus-value des bodycams, notamment leur effet de désescalade en dissuadant les comportements menaçants. Le dispositif renforce également le sentiment de sécurité et encourage la réflexivité professionnelle.
Développer la plateforme cantonale des polices et communautés étrangères et les minorités et favoriser le dialogue avec la population
La plateforme d'échanges entre le Bureau cantonal pour l’intégration des étrangers et la prévention du racisme (BCI), la police et les communautés étrangères a été lancée en mars 2022, lors de la Semaine d'actions contre le racisme. Elle est présidée conjointement par le BCI et la Police cantonale vaudoise. La plateforme vise à garantir une représentation aussi large que possible des communautés étrangères établies dans le canton et à créer un lien entre elles, l'administration cantonale et les autorités policières, afin d'instaurer une meilleure compréhension mutuelle des enjeux propres à chaque partenaire. Elle compte une quinzaine de communautés participantes.
Les deux objectifs majeurs priorisés par la plateforme pour la législature en cours sont les suivants :
- Profilage racial / Contrôle au faciès : mise en place d'un dispositif pour communiquer les droits des personnes contrôlées et des membres de l'autorité durant un contrôle de police (brochure), avec une sensibilisation accrue des aspirants policiers à cette problématique durant leur formation.
- Diversité et représentativité : viser une meilleure représentativité de la population au sein des corps de police.
Plusieurs mesures sont en cours d'opérationnalisation depuis janvier 2024 jusqu'à la fin de la législature : organisation d'échanges entre associations, quartiers et police ; communication sur les actions mises en œuvre par la police pour lutter contre les discriminations ; renforcement des formations pour le personnel policier.
La plateforme s’inscrit dans un engagement plus large du canton de Vaud de lutter contre toutes les formes de discriminations et représente une démarche constructive de dialogue sans tabou entre les forces de police et les communautés étrangères.
Renforcement de la lutte contre la cybercriminalité
Depuis 2019, la cybercriminalité dans le canton de Vaud a connu une hausse spectaculaire, avec un triplement des plaintes enregistrées, passant de 1’640 en 2019 à 4’863 en 2024. En 2025, une stabilisation a été constatée pour la première fois.
Sur le plan opérationnel, plusieurs enquêtes ont été conduites dans le canton de Vaud et à l’étranger, notamment sur des séries de fraudes à l’investissement, d’escroqueries aux faux banquiers et de phishing par SMS. Ces investigations ont permis d’identifier et d’interpeller plusieurs auteurs prolifiques. Grâce aux mesures d’urgence assurées 24h/24, près de 1,88 million de francs ont pu être saisis et, en partie, restitués aux victimes.
Des actions de perturbation ont également été menées, comme la fermeture de domaines frauduleux, la dénonciation rapide de vecteurs financiers de blanchiment d’argent et la participation à la saisie d’infrastructures informatiques utilisées pour des attaques par ransomware. Finalement, la Police cantonale a contribué de manière importante au développement du dispositif de renseignement concordataire PICSEL qui permet de définir des priorités d’investigation et détecter la sérialité de criminalité en ligne.