3.5 Sécurité

SÉCURITÉ: 3.5 Garantir la sécurité de la population, améliorer la prévention et renforcer les partenariats avec les cantons, les communes et la société civile

Moudon : le Canton de Vaud et la Confédération entérinent la reprise de la Place d’armes

En mai 2022, le Conseil d’Etat a pris la décision de cesser l’exploitation du site de Savatan, où se situe l’actuelle Académie de police, dans la perspective d’exploiter un nouveau centre de formation policière sur la place d’armes de Moudon. Le Canton de Vaud a mené des discussions approfondies avec armasuisse, le centre de compétences immobilières du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) et le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) pour la reprise du site. Celles-ci ont abouti à la signature d’un accord de principe portant sur la cession de la place d’armes sous la forme d’un droit de superficie. Cet accord permet au Canton d’engager une planification concrète pour le développement du futur pôle de formation policière à Moudon.

Outre l’école de police, le Canton étudie d’ores et déjà la possibilité d’élargir l’utilisation du site à d’autres partenaires du domaine sécuritaire, notamment certains services dits «feux bleus», de la protection de l’environnement, ou encore le secteur pénitentiaire. Grâce à sa surface et à ses infrastructures, la place d’armes de Moudon offre en effet un potentiel important pour le développement d’un pôle de formation interdisciplinaire. Le périmètre et les usages futurs feront l’objet d’une étude approfondie. Un crédit d’étude en ce sens sera soumis prochainement au Conseil d’Etat.

L’ampleur des travaux d’adaptation du site déterminera le calendrier précis de l’installation de la nouvelle école. Si le projet se concrétise comme prévu, les premières volées pourraient démarrer entre 2030 et 2032. Dans l’intervalle, la formation policière reste assurée à Savatan.

Bodycams : le dispositif intègre l’équipement de base des polices vaudoises

Le Conseil d'État souhaite généraliser l'usage des caméras-piétons à l'ensemble des polices vaudoises pour renforcer la transparence et la confiance lors des interventions policières. Ce dispositif vise à prévenir les violences, fournir des preuves objectives à la justice et soutenir la crédibilité de l'action policière.

Suite aux résultats positifs d'un essai-pilote mené en 2019-2020 par la Police cantonale et la police municipale de Lausanne, le Conseil d'État a validé un projet de modification de la loi sur la Police cantonale (LPol). Cette modification, soumise au Grand Conseil, créera une base légale pour le déploiement des bodycams au sein de l'Organisation policière vaudoise (OPV).

Le projet prévoit d'offrir à toutes les polices vaudoises un modèle unique de caméra-piéton, tout en uniformisant les pratiques et la formation. Chaque corps de police restera libre de définir l'ampleur du déploiement. Pour la Police cantonale, l'objectif initial est de fournir au moins une caméra par binôme de la Gendarmerie mobile, avant un équipement progressif de tous les agents de terrain.

L'évaluation de l'essai-pilote par le ColLaboratoire de l'Université de Lausanne a confirmé la plus-value des bodycams, notamment leur effet de désescalade en dissuadant les comportements menaçants. Le dispositif renforce également le sentiment de sécurité et encourage la réflexivité professionnelle.

 

Développer la plateforme cantonale des polices et communautés étrangères et les minorités et favoriser le dialogue avec la population

La plateforme d'échanges entre le Bureau cantonal pour l’intégration des étrangers et la prévention du racisme (BCI), la police et les communautés étrangères a été lancée en mars 2022, lors de la Semaine d'actions contre le racisme. Elle est présidée conjointement par le BCI et la Police cantonale vaudoise. La plateforme vise à garantir une représentation aussi large que possible des communautés étrangères établies dans le canton et à créer un lien entre elles, l'administration cantonale et les autorités policières, afin d'instaurer une meilleure compréhension mutuelle des enjeux propres à chaque partenaire.  Elle compte une quinzaine de communautés participantes.

Les deux objectifs majeurs priorisés par la plateforme pour la législature en cours sont les suivants :
 

  • Profilage racial / Contrôle au faciès : mise en place d'un dispositif pour communiquer les droits des personnes contrôlées et des membres de l'autorité durant un contrôle de police (brochure), avec une sensibilisation accrue des aspirants policiers à cette problématique durant leur formation.
  • Diversité et représentativité : viser une meilleure représentativité de la population au sein des corps de police.

Plusieurs mesures sont en cours d'opérationnalisation depuis janvier 2024 jusqu'à la fin de la législature : organisation d'échanges entre associations, quartiers et police ; communication sur les actions mises en œuvre par la police pour lutter contre les discriminations ; renforcement des formations pour le personnel policier.

La plateforme s’inscrit dans un engagement plus large du canton de Vaud de lutter contre toutes les formes de discriminations et représente une démarche constructive de dialogue sans tabou entre les forces de police et les communautés étrangères.

 

Renforcement de la lutte contre la cybercriminalité

Depuis 2019, la cybercriminalité dans le canton de Vaud a connu une hausse spectaculaire, avec un triplement des plaintes enregistrées, passant de 1’640 en 2019 à 4’863 en 2024. En 2025, une stabilisation a été constatée pour la première fois.

Sur le plan opérationnel, plusieurs enquêtes ont été conduites dans le canton de Vaud et à l’étranger, notamment sur des séries de fraudes à l’investissement, d’escroqueries aux faux banquiers et de phishing par SMS. Ces investigations ont permis d’identifier et d’interpeller plusieurs auteurs prolifiques. Grâce aux mesures d’urgence assurées 24h/24, près de 1,88 million de francs ont pu être saisis et, en partie, restitués aux victimes.

Des actions de perturbation ont également été menées, comme la fermeture de domaines frauduleux, la dénonciation rapide de vecteurs financiers de blanchiment d’argent et la participation à la saisie d’infrastructures informatiques utilisées pour des attaques par ransomware. Finalement, la Police cantonale a contribué de manière importante au développement du dispositif de renseignement concordataire PICSEL qui permet de définir des priorités d’investigation et détecter la sérialité de criminalité en ligne.

 

SÉCURITÉ: 3.5 Garantir la sécurité de la population, améliorer la prévention et renforcer les partenariats avec les cantons, les communes et la société civile

Réalisations 2025:

Déployer la stratégie de développement des infrastructures pénitentiaires

Plusieurs crédits d’études ou d’investissements ont été obtenus durant l’année 2025 pour rénover ou agrandir le parc pénitentiaire, notamment le crédit d’étude pour la création d’une zone d’attente carcérale (ZAC) sur le site du Pôle pénitentiaire du Nord vaudois à Orbe. Cette structure modulaire de 60 places accueillera essentiellement des personnes détenues provenant des zones carcérales et en attente d’un placement dans un établissement approprié vaudois ou hors canton. La mise en exploitation est prévue pour début 2028. Par ailleurs, le plan d’affectation cantonale (PAC) du Pôle pénitentiaire du Nord-Vaudois (PPNV) est entrée en vigueur le 1er juillet 2025.

Entre avril 2025 et mars 2026, un bâtiment cellulaire de 40 places sur le site de Bellechasse à Fribourg a été loué par le Service pénitentiaire pour atténuer la pression sur les zones carcérales et permettre la mise en œuvre de certaines opérations en matière de lutte contre le deal de rue.

Consolider la sécurité dynamique et la gestion des risques

Un projet de renseignement pénitentiaire a été déployé au sein du SPEN en 2025 visant à prévenir les incidents de sécurité, faciliter la gestion des détenus à risque, détecter, prévenir et encadrer la radicalisation et surveiller ainsi qu’à neutraliser les activités criminelles, en collaboration avec la Police cantonale. Sa mise en œuvre est prévue en 2026.

Suite à l’entrée en vigueur, le 1er janvier 2025, du règlement concordataire sur le processus latin d’exécution des sanctions orientée vers le risque et les ressources (PLESORR), ce processus a été déployé dans toutes les entités du SPEN.

Lutter contre la surpopulation carcérale en priorisant les exécutions de sanction sous une forme alternative à la détention

Suite à la décision du Conseil d’Etat du 11 septembre 2024 un accord a été trouvé entre le Chef du département en charge de la sécurité et la Présidente du Conseil de fondation de la Fondation vaudoise de probation en vue d'une intégration partielle des activités de la FVP au sein du Service pénitentiaire. Sous réserve d’une validation de la part du Conseil d’Etat et du Grand Conseil, qui devraient intervenir en 2026 pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2027, les secteurs du milieu carcéral (MC) et la surveillance électronique (SE), y compris civile, intégreront le SPEN. L’Etat continuera à déléguer la gestion des ateliers de travail d’intérêt général (TIG), l’exécution du TIG, le suivi en milieu ouvert ainsi que la gestion de l’octroi du revenu d’insertion aux personnes détenues avant jugement à la FVP.

Stratégie réinsertion

La justice restaurative, fondée sur un partenariat avec Swiss RJ Forum et Ajures, est désormais déployée dans tous les établissements pénitentiaires du canton de Vaud, essentiellement sous la forme de dialogues restauratifs ou de restauration des cercles familiaux.

Par ailleurs, 4 partenariats ont été créés avec des entreprises vaudoises intéressées à engager des personnes détenues à leur libération définitive ou lors de leur libération conditionnelle.