Alpages

Introduction

Dans notre canton, une part importante des alpages appartient aux communes vaudoises. Ce patrimoine ancestral n’apporte à ses propriétaires qu’une faible rente foncière (rentabilité forestière et agricole réduite, limitation légale des fermages) alors que son entretien est fort coûteux en raison de l’éloignement et des conditions climatiques et topographiques. Y investir durablement n’a de sens que si les alpages sont encore utilisés, donc entretenus par l’agriculture.

Dernière mise à jour le 16.02.2022

Seule l’agriculture permet d’en assurer la pérennité à l’encontre de l’embroussaillement ou du reboisement, phénomènes naturels en expansion dans les territoires de montagne.

Fort apprécié de la société civile qui y trouve un espace de détente et de loisirs, comme de ressourcement, le territoire des alpages fait l’objet de nombreuses sollicitations humaines (sports, agritourisme, aventure, chasse, armée, etc.) mais aussi de nombreuses attentes ou contraintes en matière environnementale (paysages, eaux souterraines, biodiversité, flore et faune, grands carnivores).

L’exploitation des alpages est encouragée par des contributions d’estivage destinées exclusivement aux exploitant·e·s, aussi appelés amodiataires. Depuis 2014, des contributions de mise à l’alpage sont octroyées aux détenteur·trice·s d’animaux mis en estivage en Suisse.

Le versement des contributions d’estivage est conditionné par la pratique d’une exploitation agricole extensive, respectueuse de l’environnement alpestre et des animaux. Pour les pâturages ayant une grande richesse floristique, des contributions valorisant la biodiversité peuvent être octroyées sur demande (qualité floristique) ou par convention (prairies et pâturages secs – PPS). Les alpages font ainsi l’objet d’inspections périodiques, généralement sous l’égide de la·du préfet·e, auxquelles les propriétaires peuvent être conviés.

Le port d’alpage en bétail est mesuré au moyen d’une charge usuelle en PN (pâquier normal, soit la valeur normalisée d’une vache laitière estivant durant 100 jours), valeur qui est fixée par la Direction générale de l’agriculture, de la viticulture et des affaires vétérinaires (DGAV) et qui sert de référence pour le versement des contributions. Hormis les modifications de surfaces pâturées, l’adaptation de la charge en bétail est déterminée par l’étude d’un plan d’exploitation qui doit être réalisé par un·e professionnel·le qualifié·e à la charge de l’exploitant·e mais subventionnable.

Les alpages où se mêlent souvent des animaux provenant de troupeaux différents font aussi l’objet de mesures et précautions sanitaires particulières, réglées par les Directives du Département des institutions et du territoire et publiées dans la FAO. La·le vétérinaire cantonal·e est responsable de la surveillance du respect de ces prescriptions.

Certaines améliorations d’alpages des communes peuvent bénéficier de subventions à fonds perdus au titre des améliorations foncières. Le soutien peut nécessiter l’élaboration de plans de gestion intégrée. Ceux-ci sont destinés à orienter de manière concertée, dans le respect du développement durable, les investissements et la gestion professionnelle des alpages.

L’instruction des dossiers de subventions aux alpages communaux est conduite soit par l’Office de crédit agricole (OCA), soit par la DGAV.

L’État a également la mission d’assurer la formation professionnelle et continue des exploitant·e·s d’alpages. Dans le cadre de la démarche Gest’Alpe qui permet de relier et de coordonner les services de l’administration cantonale, les professionnel·le·s de l’économie alpestre et les principaux·ales utilisateur·trice·s intéressé·e·s par le territoire et la gestion des alpages, un large programme d’information et de formation est mis sur pied chaque année. Il est couplé avec diverses actions de promotion de l’économie alpestre, destinées à la sensibilisation du grand public, mais aussi aux représentant·e·s des communes (Salon des alpages des Diablerets, Journée des alpages du Jura vaudois et journée technique de l’économie alpestre).

Les bonnes questions

  • Y a-t-il des plans de gestion intégrée ou des plans d’exploitation pour les alpages communaux ?
  • Quelles sont les charges usuelles des alpages en PN (pâquier normal) ?
  • Y a-t-il un programme ou un tournus des travaux de réfection et d’entretien lourd des bâtiments alpestres, des chemins ou des ressources en eau ?

Recommandations

Lire le guide pratique : Aménagement des alpages ; les ouvrages du génie rural, (agridea 2009, J.-L. Sautier)

Contact :

Direction générale de l’agriculture, de la viticulture et des affaires vétérinaires (DGAV)
Avenue de Marcelin 29 – Case postale – 1110 Morges
Améliorations foncières : Tél. 021 316 62 00 – info.agriaf@vd.ch
Paiements directs : Tél. 021 316 62 32 – info.paiementsdirects@vd.ch

Office de crédit agricole (OCA)
Avenue des Jordils 3 – 1006 Lausanne
Tél 021 614 24 33 – oca@prometerre.ch

Direction des affaires vétérinaires et de l’inspectorat (DAVI)
Vétérinaire cantonal
Ch. des Boveresses 155 – 1066 Épalinges
Tél. 021 316 38 70